L'humidité contre les qualités thermiques ?

par François-Félix Blandin il y a 4 ans
7 réponses à ce sujet
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Publié : il y a 4 ans
Je suis membre de la commission BENTEC pour la révision du DTU 27.1 (isolation projetée en fibres minérales).
Plusieurs affirmations m'ont surpris, comme celle-ci : un matériau tel qu'un flocage ne peut être efficace en contrôle de condensation et aussi en isolation thermique ...
Bien sur, un isolant gorgé d'humidité perdrait en grande partie ses qualités d'isolant thermique, mais le résonnement allait plus loin en affirmant qu'un matériau ne peut pas être à la fois un bon isolant thermique et être utilisé en contrôle de condensation !
Pour ma part, je ne vois pas ce qui serait nécessaire à l'un et rédhibitoire pour l'autre.
Quel est votre avis ?
Publié : il y a 4 ans
Tout dépend des caractéristiques du matériau isolant en ce qui concerne la migration de la vapeur d'eau. Si l'isolant ne constitue pas par lui même une barrière totalement étanche, il doit être revêtu d'une frein ou pare vapeur (suivant les cas). Et les caractéristiques de ces derniers doivent être adaptées au contexte ... Pas si simple surtout quand on sait que les applicateurs ont très rarement les compétences leur permettant de savoir quoi faire. En outre, le support sur lequel on applique l'isolant joue également un rôle important, ainsi que le contexte. Une évaluation au cas par cas est donc indispensable pour ne pas faire n'importe quoi. En ce qui concerne les fibres minérales, on sait qu'elles laissent migre la vapeur d'eau, mais n'a aucune capacitéde régulation par absorbtion / dissipation. L'humidité qui traverse le matériau constitué de fibres minérales va donc rester en surface des fibres, créant de fait une dégradation des capacités isolantes. C'est là que l'on observe la supériorité des isolants à base de fibres végétales qui présentent une bonne capacité d'absobtion / dissipation et qui voient, par conséquent une bien moindre dégradation de leurs capacités isolantes en présence d'une migration de vapeur d'eau. En outre le phénomène est encore plus flagrant en cas de risques de condensation (zone interne de la couche isolante en situation de point de rosée). CQFD ...
Francis LE BRIS
Publié : il y a 4 ans
Généralement le flocage pour contrôle de condensation est appliquée sur support béton. L'idée du pare vapeur est intéressante, puisque le revêtement n'est pas étanche. Les entreprises applicatrices ne sont pas souvent compétentes sur le sujet, effectivement. C'est le maître d'oeuvre, l'architecte, ou à défaut un BET ou le bureau de contrôle qui prévoit ou prescrit un isolant en contrôle de condensation.
Le sujet n'est pas de remettre en question les capacités d'un revêtement fibreux en contrôle de condensation, cette tentation arrive vite alors que son efficacité a déjà été démontrée, mais de savoir si il y a adéquation ou inadéquation entre bon isolant thermique et bon matériau en contrôle de condensation. Cela ne semble pas évident pour tous.
Publié : il y a 4 ans
Ce qu'il faudrait absolument intégrer dans les méthodes de calcul, c'est que le lambda est variable et par conséquent la résistance thermique aussi. Par rapport à un test en condition sèche (par exemple 0°C ext. et +20°C int.) on constate (voir les travaux de Patrick Denieul) que la variation est importante et pas du tout la même en fonction des matériaux, du contexte et de la composition des parois.
En fait un lambda réaliste et plus objectif devrait tenir compte de ces phénomènes. Il devrait être en quelque sorte à minima basé sur la moyenne des deux extêmes entre le meilleur et le plus maivais résultat en fonction des conditions réelles mesurées in situ (ou en reproduisant en labo des situations calquées sur la réalité in situ). Ainsi, pour les calculs réglementaires, on arrêterait de partir de mauvaises données, qui ne peuvent déboucher que sur des dérives importantes entre les résultats attendus (BET) et les résultats constatés in situ.
Publié : il y a 4 ans
Bonjour Francis, Bonjour François Félix
Il faut savoir que tous les matériaux n'ont pas la même réaction a la vapeur d'eau.
certains comme la laine de verre sont hyper sensibles et d'autre comme la laine de chanvre le sont moins et sont hygro-régulateurs.
Puisqu'il s'agit de projeté c'est surement pour les combles dans ce sens il est impératif de positionner un pare vapeur efficace en sous face sans quoi avec les différences de pression nous aurons une forte migration hygrométrique dans l'isolant qui l'affaiblirait.
Il y a aussi la solution du complexage qui fonctionne bien. par exemple posé un expansé dessous le laineux on réduit la migration hygro et au augmente la performance en créant deux points d'impact
Voilà quelques idées
mon tel est accessible a tous
06 70 14 10 47 Patrick.denieul@aerebat.fr
Publié : il y a 4 ans
Bonjour Patrick,
Attention à ne pas confondre flocage (avec un liant et appliqué en sous-face de dalle) et soufflage (matériau en vrac, posé sur une surface).
La mise en oeuvre d'un pare vapeur en surface n'est pas une technique habituelle en flocage. Mais c'est une idée intéressante.
On n'utilise plus la fibre de verre en flocage depuis plus de 20 ans, bien que Knauf a l'intention de commercialisé maintenant un nouveau produit projeté en FV.
Les flocages actuels sont tous à base de fibres de laitier. Ils ont longtemps été reconnu par le passé comme de bon matériau pour le contrôle de condensation, d'abord à base d'amiante puis en fibres de roche ou de laitier.
Cependant, l'arrive de nouveaux matériaux et la propriété hygroscopique d'un flocage "traditionnel" font que ce dernier est moins utilisé pour cette application, des sinistres étant survenus (voir notre discussion dans le groupe "Expertise humidité des bâtiments").
Publié : il y a 4 ans
Le vocabulaire et le bâtiment: Si le flocage est en sous-face, le soufflage se réalise soit en combles sur les surfaces plates, soit en soufflage dans les parois verticales comprimées (ouate de cellulose cardés et soufflés)
Le flocage est un terme qui est aussi employé dans les surfaces verticales des pans de bois, quand une ouate de cellulose est soufflée humide dans les "alvéoles " du pan de bois, avant la pose du pare vapeur, ou plutôt pendant. Ces deux techniques n'ont pas de nom spécifique de métier propre... ils réemploient soufflage et flocage par défaut, l'un étant une dispersion sèche, l'autre un collage humide, pour le même produit et le même résultat de fonctionnement, dans l'état sec final.

En complément à cette réflexion lexicale, j'ai trouvé le terme de batifodage désignant les plafonds en terre-paille, bauge de 6 à 10cm mises en place entre les chevrons (entraxe 50cm) sur une cuisine médiévale du XIVe siècle en Bourgogne pour assurer à la fois le coupe-feu, la régulation du taux d'humidité, le couvrement en enduit chaux du plafond, l'isolation thermique, c'était le même mélange de terres à gâcher, fibres végétales (avoine, seigle) , poils d'animaux à fourrure (vaches, sanglier) récupérés de la chasse et du dépeçage, que la même bauge remplissant les cloisons en pan de bois...
la terre était probablement malaxée en boule et posée à la main sur des "balsans" baguettes de bois glissées de son extrémité carré dans une rainure sur un poteau et fichée par un trou sur le poteau opposé renforçant la structure de la terre.
Dans la région Nord-Ouest, les "quenouilles" de Nantes remplissent le même rôle en plus végétal avec l'enroulement de fibres longues trempées dans la bauge.

Avec le batifodage : trois fonctions pour un seul produit!
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