Végétalisation : "On va au-devant de très grosses difficultés"

par BATIACTU il y a 6 mois
ARCHITECTURE. Composante récurrente des projets architecturaux actuels, la végétalisation des bâtiments est souvent présentée comme pertinente au vu des enjeux environnementaux. L'architecte Alain Sarfati a néanmoins livré à Batiactu son analyse sur le sujet, en relevant quelques contradictions. Entretien.
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11 réponses à ce sujet
Publié : il y a 6 mois
Faire vivre l'imaginaire quand y aura plus que des humains et des deserts ce sera certainement un chouette boulot..
Ce n'est pas parce que Monsieur Sarfati peint ses bâtiments
en or qu'ils seront éternels.
Ce qui est bien avec les vieux c*ns c'est qu'ils g*eulent fort mais que personne ne les écoute.
Publié : il y a 6 mois
J'aime beaucoup l'analyse de cet architecte.
L'effet de mode est très clair et masque la réflexion profonde.

Une des composante de notre société est de mélanger les genres et de laisser entendre que c'est " moderne" et de présenter la chose comme " révolutionnaire" , flattant ainsi l'ego de ceux qui y adhèrent.
Dans l'intervalle, certains systèmes économiques s'emparent de ces idées et commercialisent avec bénéfices à la clé ces dispositifs.
Puis la mode se dissipe....et on apprend une ou deux décénnies plus tard que de nouvelles pathologies ou contraintes se développent , sans les avoir envisager dans un premier temps.
Publié : il y a 6 mois
Publié : il y a 6 mois
Il est bien aussi de rappeler que la mise en oeuvre d'une solution technique dite " innovante" ne doit pas se substituer aux objectifs de l'architecture , notamment l'insertion dans le site.
La végétalisation favorise des formes cubiques, planes , peu évoluées , au plan du design.,
Publié : il y a 6 mois
Cet entretien tourne court. Je m'attendais au vu de la présentation à des arguments techniques : quelles contraintes l'installation de terre et de végétaux engendre-t-elle, voire quels risques pour la solidité (infiltrations?), et là, rien, juste un dogme, la nature et la ville, chacune chez soi. Décevant. Alors qu'il serait possible de s'interroger notamment sur le vieillissement de ces structures: si ce sont des arbres, comment limiter leur trop grand développement, ensuite bien prendre conscience que laissées à l'abandon ou mal entretenues ces plantations deviendront misérables, bref les conditions concrètes de cette tendance. L'inconvénient souligné par un autre contributeur, que ça favorise une architecture cubique, n'est pas à négliger non plus.
Publié : il y a 6 mois
En effet, cela tourne court, jusqu'à la grossièreté que se permettent parfois certains barons autocrates...
Un total hors sujet dogmatique, qui est surtout complètement faux. Ville et nature se mélange parfois dans l'histoire, bien-sûr ! Mais cet omniscient ne connait que certains quartiers de certaines villes. Le reste... Ce serait fait exprès pour le contredire, probablement.
Par ailleurs le bâti ne se limite pas à la ville. Il y a une enjeu énorme d'intégration aux systèmes naturels quand on fait du lotissement ou de l'habitat dense ou tout autre installation en zone rurale par exemple.
Enfin, la végétalisation n'est pas obligatoirement un simple manteau, une peau artificielle, un parement. Cette limitation à la végétalisation comme une simple couche de finition est tellement réductrice, tellement en panne d'imagination, misérable justement.
L'architecture est un geste technique, et parfois, très rarement un art. Un très beau geste technique confine naturellement à l'art d'ailleurs. Alors architectes, commencez par redescendre sur terre et faire votre boulot. Il en deviendra éventuellement une œuvre, un élément culturel vivant et fécond. Mais avant faites le boulot et cessez vos discours creux et emphatiques, faux et nuisibles!
Même la Tour Eiffel, comme toutes les cathédrales, est avant tout un objet technique, en aucun cas une œuvre avant d'être un tas de pierre ou de ferraille qui teint debout et rempli ses fonctions.
Prétentieux, grossier, condescendant, limité... Le portrait du sieur Sarfati n'est pas très joli après cet interview.
Publié : il y a 6 mois
Les jardins végétaux sont des cas extrêmes, des tours de force. On se demande quand même s'il n'y a pas des superficies maximum pour éviter que ça devienne écrasant visuellement. Quelle est la compatibilité avec des fenêtres? Que se passe-t-il si l'irrigation n'est plus assurée? Quitte à paraître frileux, par comparaison, quand on se balade et qu'on remarque ces bâtiments emmaillotés non par un émule de Christo mais parce qu'il a fallu tendre des filets pour rattraper les petits carreaux qui se détachent des façades genre piscine qui se sont multipliées il y a un certain temps, ou qu'on voit des bardages bois récents complètement décolorés par la pluie, on se dit que les hypothèses de vieillissement n'ont pas l'air d'avoir été bien étudiées... Verdir, très bien, au contraire, mais peut-être plutôt à l'horizontale.
Publié : il y a 6 mois
J'ajoute un exemple: rue des Pyrénées à Paris, le grand paquebot rouge vif (ou camion de pompiers géant?), l'immeuble Garence qui abrite des services du ministère de l'intérieur et de la RATP, on discerne, à travers les grandes baies sur la rue, des gradins végétalisés qui étaient verts et vivaces au début (du lierre notamment) : à l'heure actuelle, c'est devenu une série d'étagères boueuses et poussiéreuses. Mal ou pas entretenu, mal conçu au départ?
Publié : il y a 5 mois
Quand cessera-t-on de nous vendre les toitures végétalisées comme écologiques ? Il n'y a rien de moins écologique que ces toitures-là. Elles demandent des matériaux de protection contre les infiltrations renforcés, souvent réalisés à base de matières synthétiques à très mauvais bilan carbone, qui en outre sont pas pérennes car progressivement abimés par les racines des végétaux. Les étanchéités sont donc à reprendre au bout d'une vingtaine d'années, voire moins, avec tout le volume de terre à enlever (facile à faire quand on est au-delà du 8ème étage ... ), à évacuer, puis à remplacer. La terre des plantations sur dalle s'épuise facilement, elle est souvent mal drainée, pas assez ou trop irriguée, pauvre en vers de terre et en organismes vitaux pour la symbiose avec les plantes, et la végétation souvent ne tient que par apport d'engrais ... Quant à la culture de jardins potagers sur les toits, il s'agit d'une utopie complète si on croit nourrir la population citadine avec ce genre de solution : calculez le coût du kilo de légumes ainsi cultivé (tout compris, bien au-delà de 20€ le kilo dans la plupart des cas) et voyez la limite de l'exercice. Les rendements des plantations sur toitures sont plus faibles que celles au sol, car elles sont forcément exposées au vent, aux températures plus faibles en hiver, plus chaudes en été ... Les problèmes d'accessibilité rendent très rapidement la logistique compliquée, tant pour le renouvellement des cultures que pour l'évacuation des récoltes ou des déchets, et dès qu'un élément de la chaîne logistique vient à faire défaut, les problèmes s'empilent et deviennent rapidement insurmontables ou extrêmement coûteux à solutionner. Enfin la quantité horaire de travail nécessaire pour planter, entretenir et récolter sur de tels espaces hors-sol est énorme par rapport au volume d'heures nécessaires pour produire la même quantité en plein champ, avec une qualité gustative en outre bien meilleure ...

Les toitures sont des espaces artificialisés. Il est beaucoup plus éco-responsable d'acter ce fait et de n'utiliser les toitures que pour la production d'électricité par panneaux solaires, au lieu d'aller artificialiser des surfaces parfaitement cultivables en Provence ou ailleurs pour construire des fermes solaires sur des dizaines d'hectares, ce qui contribue un peu plus à miter notre environnement ...
Publié : il y a 5 mois
... et ce qu'il y a de bien avec les jeunes Tibos , c'est qu'ils croient tout savoir mais que personne n'est dupe.Mais la question est mal posée. Des inepties comme dans le plu de Paris l'obligation de végétaliser les terrasses de plus de 100m² ,ne vont pas améliorer le débat..inexistant. Comment dépolluer l'atmosphère des métropoles? certainement pas en favorisant la surconsommation d'essence en rendant les centre-villes plus difficiles d'accès (politique bien parisienne) ;
certainement pas en développant des tramways pour lesquels le ratio d'énergie grise par personne transportée explose celui du métro. On ne peut pas aborder ces questions par le petit bout de lorgnette des effets de mode, c'est l'ensemble de la politique sociale et économique qui doit viser des objectifs vertueux, on en est très loin! ceci dit, recouvrir la tour Eiffel de lianes à feuillage persistant serait politiquement un signal...celui de la fin de l'âge de fer.
Qui aurait pensé à ventiler le métro avec des pompes à chaleur? les puits d'aération sont déjà prêts pour les recevoir.. c'est un exemple , mais tous les jours , des architectes envisagent de nouvelles solutions, et des technocrates s'ingénient à produire des règlements pour éviter que ça prenne sens dans la société.
Végétaliser des bâtiments est stupide certes, mais créer des bâtiments végétaux n'est pas impossible.Mais les bâtiments ne sont que des éléments dans un ensemble qui constitue les concentrations humaines, qui doivent y trouver leur compte. La spéculation foncière à elle seule interdit que ce soit possible, en chassant la vie (le peuple) de la centralité qui devient une escapade pour touristes, ainsi est pensé Paris et bientôt Il Grande Paridatore. etc.
Publié : il y a 5 mois
Monsieur Joseph, il n'y a pas de solution idéale. Seulement des nombreuses qui permettront de limiter notre consommation en énergie et notre impact sur le climat. La génération de Sarfati oublie que c'est ma génération qui doit habiter l'environnement qu'on nous légué. Très peu de biodiversité dans la ville mais chacune a son musée alors tout va bien, on est prêt pour les Archives ! Une autre preuve d'anthropocentrisme décadent.
Autour il est rare de trouver un bel espace naturel à regarder alors on baisse les yeux, on s'insurge et insulte toute idée nouvelle. Ce qui m'ennuie dans cet entretien c'est que Sarfati il se rend pas compte qu'on a très chaud aujourd'hui sous ses tôles ondulées ! Il voit déjà ses bâtiments classés Monuments Historiques, naturellement il flippe quand y a 3 graminées qui poussent dans un chéneau. Il parle patrimonialisation, on parle d'un environnement et d'architectures où bien vivre. Il parle de mémoire on parle d'avenir !
Proposer de planter des essences de grandes tailles sur des toitures ou des façades et dire que bien entendu ça ne fonctionne pas parce que ça nécessite une structure, une étanchéité, un entretien très lourd... n'avoir en tête que les murs végétaux à la
Patrick Blanc (absolument peu économe, mais pour leurs défense ce ce sont des œuvres d'artiste !), dire que ça ne fonctionne pas de nourrir tous les urbains avec des champs sur les toits terrasses et que du coup on continuer à produire et construire comme on le fait depuis l'apres... c'est botter en touche la question de la végétation en ville. Des bacs de terre, qqs m3 de terre pour chacun c'est déjà ça : qqs insectes, de l'humidité, un peu plus de biodiversité, du plaisir pour les habitants, autre chose que du bitume. Réhabiliter les zones commerciales pour éviter leur expansion, créer des parcs/sanctuaires libérés de toute emprise de l'homme (notamment en ville, il faut appliquer a échelle nationale les concepts Gilles Clément, Pascal Cribier...), les puits à chaleur qui profitent du métro oui et bien d'autres choses dont conserver/modifier les infrastructures qui existent déjà ! Il faut penser la ville largement, ensemble et encourager la diversité des propositions : revoir les PLU, les règlements de copropriété, l'accès aux toits terrasses, le besoin de créativité des habitants, permettre plus de diversité, d'expression sur les façades, que les organismes décideurs se détachent des effets de modes... Nous parlons surtout d'une vraie initiation-formation des citoyens et collectivités aux enjeux de la ville et de l'architecture et syrtout à leur nécessité d'evoluer.
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