Mariage Isolant - Rupteur thermique - Faible émissivité

par Michel Bonneau il y a 5 ans
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Publié : il y a 5 ans
Patrick nous rejoue le Cheval de Troie, dans ce groupe réservé aux architectes. Mais son thème est plus qu'intéressant. Voici son intervention corrigée des fautes ( principalement de ponctuation )....... Chercheur avant tout, j'étudie la migration des flux thermiques dans les murs et j'aimerais vous faire part de nos expériences et constatations. Multiplier les épaisseurs ne sert absolument a rien, si ce n'est qu'à augmenter le coût de la construction. Aujourd'hui, on utilise une formule de calcul inexacte, à savoir R=épaisseur en m / lambda. Si elle est vraie dans une situation et conditions déterminées, à savoir épaisseur 100mm pour un delta thermique 0° / +20°, les tests réalisés démontrent que le lambda perd de son efficacité si l'on augmente l'épaisseur ; en additionnant 2 R de 3 on obtiendra pas 6 mais plutôt 4.8 etc... D'autre part, les différent isolants ne réagissent pas pareil au chaud, au froid et à froid extrême. Si l'on associe des isolants de masse de même famille, ex. fibreux entre eux, il ne se passe pas grand chose. Par contre, un fibreux et un extrudé font "meilleur ménage". Les "OUBLIéS". Aujourd'hui, on ne valide que l'isolation de masse, or il existe d'autres solutions : les rupteurs thermiques et l'émissivité. Les rupteurs thermiques sont une lame d'air étanche ( exemple le double ou triple vitrage). Il y a plein de moyens pour y arriver de façon économique. L'émissivité : chaque matériau a un coefficient d'émissivité connu. Au plus le coefficient d'émissivité est proche de 1, au plus celui-ci a des capacités à absorber et redistribuer les calories ou frigories. Au plus le coefficient d'émissivité est proche de 0, au plus le matériau a des capacités à rejeter les calories ou frigories, agissant ainsi comme un" Bouclier thermique". Deux exemples : une dalle de béton peinte en noir mat, coef. 0,96, veut dire que ce matériau absorbe et retransmet 96% des calories et frigories environnantes et en rejette 4%. A contrario, une simple feuille d'aluminium ménager a un coef. de 0.05, ce qui veut dire qu'elle rejette 95% des calories et frigories environnantes et en absorbe 5%. En jouant sur les deux extrêmes, on obtient de fabuleux résultats et très économiques ! L'idéal : associer dans un complexe de mur les 3 technologies ( masse, rupteurs et émissivité). Je reste à votre disposition pour en débattre, en espérant vous avoir donné des pistes de réflexion. Le but étant de faire avancer les choses. Mon site Web www.innobsys.com Bien cordialement, Patrick............ Patrick nous réinvente l'isolation par l'extérieur complétée par un composé comme ACTIS. Le problème est l'absence d'Avis technique ( si je ne me trompe )........... Est-ce que quelqu'un pourra nous donner + de précisions et de solutions à ce propos ?
Publié : il y a 5 ans
Bonjour Monsieur Bonneau,

En Belgique depuis toujours, on adopte une structure de mur développant les trois technologies.
L'ITE est "monnaie courante" dans la construction résidentielle et le tertiaire.
La structure est la suivante :
Un matériau porteur à l'intérieur qui est soit de la terre cuite, du béton, du béton cellulaire du béton d'argex sur une épaisseur variant de 14 à 35 voire 40cm pour du béton cellulaire. Ce matériau est fini à l'intérieur par un enduit plâtre projeté de +- 1cm comme faisaient les anciens mais adapté aux novelles technologies.
Contre ce matériau en face extérieure est appliqué de façon minutieuse un isolant dont l'épaisseur varie selon le matériau et les performances exigées.
Une lame d'air de +-2 cm est laissée.
La finition extérieure est terminée soit par une maçonnerie de briques ou un bardage.

Cette structure évite les ponts thermiques, donne une performance élevée à l'étanchéité à l'air par l'enduit plâtre et la structure portante et vous fait bénéficier de l'inertie thermique du matériau porteur.

Hélas, dans tous les domaines, le changement n'est pas le maître mot de la culture française et il est très difficile de convaincre les prescripteurs de choisir cette technologie.
J'en ai déjà discuté avec des entrepreneurs et la réponse est toujours identique : trop cher et mes salariés ne sont pas habitués à travailler de la sorte.
Pour info, en Belgique, le m² de gros œuvre est nettement moins cher qu'en France et au niveau de la qualité, la comparaison n'est même pas envisageable .

En visitant le salon Batibouw sur Bruxelles qui a lieu chaque année fin février début mars, vous pourrez apprécier de visu cette technologie au travers d'un palais uniquement dédié au gros oeuvre.

Je reste à votre disposition pour tout complément d'informations.

Bien à vous.

Jean-Marc Agnano
Publié : il y a 5 ans
Merci, Jean-Marc. Notre culture est-elle en cause ? Certainement oui. Une culture au rabais, de l'ignorance et de la sous-qualification. En Belgique, les architectes peuvent œuvrer pour le bien-être de leurs clients. En France, la loi elle-même a déclaré l'architecte absolument inutile dans la maison individuelle qui est réservée aux constructeurs-pavillonneurs dont la seule préoccupation est la marge bénéficiaire. Conséquence : il faut la contrainte de la règlementation pour changer les habitudes et innover, et encore à retardement ; pas d'inertie thermique, pas de serres chaudes...
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